Une île…

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“Une île, 

Une île au large de l’amour, 

Posée sur l’autel de la mer,

Satin couché sur les velours… »

Ces paroles de Jacques Brel semblent avoir été écrites pour les îles Lofoten.

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Au large de l’amour

Le chapelet d’îles Lofoten est situé au large des contrées les plus septentrionales du continent européen. Celles-ci semblent vierges de toute intervention humaine et cela grâce à ses habitants qui vénèrent sans limite la nature sauvage qu’ils côtoient au quotidien. Dans un telle contexte, ces bandes de terre épineuses sont autant de phares destinés aux voyageurs polaires, les incitant à s’amouracher de la Norvège, de ses vieilles roches, de ses cataractes ou encore de sa toundra…

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Posée sur l’autel de la mer

L’archipel apparaît au voyageur comme un massif montagneux qui se serait perdu en pleine mer. En l’admirant, nous sommes interpellés par ce paysage accidenté qui parsème les étendues d’eau de la mer du Nord. On s’interroge sur l’existence improbable de ce massif aquatique qui semble formé par les crêtes d’un dragon nageant sous les flots tumultueux autour du cercle polaire.

C’est une baie d’Halong occidentale…

Une contrée de pirates nordiques d’un autre temps…

Ou encore, les derniers remparts érigés face à l’océan glacial arctique qui nous nargue non loin de là…

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Satin couché sur les velours…

Que le ciel se montre timide et se pare de voiles de brumes…

Alors ces nuages bas viendront arrondir les rudes sommets des îles Lofoten.

Leur présence formera comme une passerelle visible entre le ciel et la terre…

Ils viendront réconcilier la montagne et l’océan pour que ceux-ci puissent fusionner sous nos yeux.

Alors, les flots noirs et lourd formeront l’écrin parfait pour ces terres de nature et de paix.

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De la poésie, c’est ce que vous vivez en visitant ces îles sauvages et si généreuses avec le pèlerin.

Dans ces paysages, le moindre bateau de croisière semble minuscule face à l’immensité de la nature préservée. En visitant ces contrées, la moindre maison de bois vous laisse envieux et vous fait oublier vos lofts bruxellois ou parisiens.

L’homme pressé est pris d’une soudaine envie de tout arrêter, tout figer pour admirer éternellement ce havre qu’illumine copieusement le soleil du Nord en été. Remarquant les goélands marins, il leur enviera leur capacité de s’élever pour admirer le poinçonnement des montagnes à la surface de l’océan.

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« Une île,

Une île au large de l’espoir,

Où les hommes n’auraient pas peur, 

Et douce et calme comme ton miroir »

 

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Se perdre entre Hellesylt et Flo

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La Norvège, ce sont les fjords…

C’est la première chose à laquelle pense votre interlocuteur quand vous lui parlez de ce pays. La plupart des gens n’a aucune idée de ce dont il s’agit en réalité : de forêts qui plongent de façon abrupte dans la mer ? de criques d’eau salée ? Et puis qu’importe finalement puisqu’ils n’iront jamais sur place? …

Un brin curieux, pourront-ils tout au plus apprendre facilement que ces étendues d’eau restent non gelées durant l’hiver polaire ou qu’y rencontrer plus de 20 degrés n’est pas rare en été.

Ainsi, il faut avouer que rien ne prépare à la beauté sans limite qui se cache derrière ces paysages qu’il m’a été donné d’admirer entre Hellesylt et Flo, dans le Geirangerfjord…

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Sur des chemins pédestres tantôt carrossables tantôt en corniches étroites par-dessus de vastes lacs de montagne, le randonneur découvre toute la puissance d’une nature gardée rigoureusement intacte par les Norvégiens. On se sent petit dans les cuvettes que délimite un massif montagneux plus vieux que les Alpes. Nous ne pouvons qu’être interpellé par le travail du Gulfstream qui permet de verdir toute cette étendue de pierre malgré la latitude élevée du lieu. Comme une cerise sur le gâteau, le rythme des saisons fait travailler le glacier Bryksdal. Celui-ci alimente généreusement de nombreuses cascades qui zèbrent les pentes des fjords au rythme d’une marche merveilleuse en pleine nature.

Dans un tel écrin de délicatesse, ne demandez surtout pas de soleil…Espérez plutôt que la brume vienne s’accrocher à ces vieux sommets. Les couleurs en seront davantage saturées colorant l’eau des lacs d’un vert turquoise, irréel et sans équivalent à ce qu’il m’a été donné de voir à ce jour…

La moindre éclaircie finira alors à peaufiner cette atmosphère nordique dans laquelle vous penserez apercevoir un troll derrière un rocher. Vous vous attendrez même à vous faire charger par une horde de vikings…

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Cascades, vielles roches, cabanes norvégiennes caractérisent cet endroit idyllique. C’est qu’ils savent choisir l’emplacement de leur « résidence » d’été les Norvégiens : au pied d’une cascade de 300 mètres de haut, face aux sommets enneigés de la montagne de Flo, au bord d’un lac que pas une brise ne fait rider… Une villa avec piscine à la Côte d’Azur fait bien triste mine en comparaison de ces logements parfaitement intégrés dans leur environnement sauvage !

Ces « palaces » ne nous sont malheureusement pas destinés et il nous faut avancer en les laissant derrière nous à contre cœur.

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En marchant, on espère néanmoins que les chemins seront sans fin tant ceux-ci vous emmènent à travers des lieux de plus en plus beaux. Il faut l’avouer : aucune photo ne pourra sublimer ceux-ci comme ils le méritent.

Le seul conseil que je peux donc donner raisonnablement, c’est d’allez vous y aventurer. Alors, croyez-moi, vous désirerez vous y perdre à jamais…  

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Gjesvaer

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Au large se cachent les oiseaux

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Votre moyen de transport

Visiter la côte norvégienne n’est pas si facile qu’on ne le pense. La multitude de fjords implique d’emprunter une vingtaine de Ferries pour atteindre le très célèbre Cap Nord, extrémité septentrionale de notre continent européen.

Par contre, si vous avez le pied marin, la découverte maritime du pays est un régal. La tolérance à ce moyen de transport offre même des perspectives uniques pour les ornithologues par °… nord, à Gjesvaer.

Au large de cette localité, sur un chapelet d’ilots sauvages, se réfugie une multitude d’oiseaux marins, profitant du relief accidenté des ces terres immergées pour s’y reproduire en toute tranquillité.

La colonie de macareux moines est estimée à 1.000.000 d’individus que viennent compléter les fous de Bassan, grands cormorans , cormorans huppés et autres goélands marins.

Bref, c’est le nirvana des amateurs d’oiseau !

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Somptueuse brume norvégienne

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Est-il possible de les observer en restant discret et en ne remettant pas en cause ce fragile équilibre immaculé ?

La réponse est oui : en empruntant la voie maritime. Au départ du petit port de pêche de Gjesvaer, une modeste entreprise familiale organise des escapades d’observations de cette nature. Leur bateau d’excursions offre un cadre convivial avec  tout l’équipement polaire nécessaire pour vous permettre de profiter, sur le pont, du spectacle grandiose qu’offrent ces ilots et leurs occupants. Le capitaine, très expérimenté, vous fait découvrir, une à une, les colonies d’oiseaux dans une ambiance digne des plus grands documentaires animaliers.

Une distance raisonnable est maintenue de sorte que vous n’ayez pas le sentiment de perturber les incessants balais aériens et autres activités aquatiques des volatiles. Bien sûr, ce confort pour eux à un coût pour le photographe : il existe très peu d’opportunités de réaliser des gros plans mais plutôt des plans d’ambiance. Me concernant, étant à la fois guide nature respectueux et féru de paysages animaliers, j’étais plus que comblé.

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Contrairement à ce que peut attendre la majorité des photographes, j’avais espéré faire cette excursion dans l’ambiance humide et brumeuse qui caractérise les paysages norvégiens. C’est précisément les conditions que j’ai obtenues ce jour-là. Le manque de lumière que me reprocheront certains a été de nature à créer une atmosphère mystique qui n’est certainement pas étrangère  aux légendes de trolls qui accompagnent les beautés de ce pays.

L’émotion est à son comble, quand dans un tel contexte, une tête de phoque émerge des eaux pour vous saluer !  Mes images ne peuvent malheureusement pas retranscrire cette ambiance qu’il faut vivre en direct pour s’en imprégner.

C’est à sa recherche que je retournerai plus tard en Norvège. Puissent les cormorans, macareux et fous de Bassan m’accompagner de nouveau dans ce voyage !

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Des sujets pas faciles à mettre en boîte…

L’un des avantages de la photographie naturaliste est son côté imprévisible. Ce côté permet à ses adeptes de continuer la pratique sans aucune lassitude au cours des années. Cependant, toute médaille a son revers et cette activité n’échappe pas à la règle !

Ainsi est-il des sujets particulièrement coriaces. Ceux-ci se méritent plus que d’autres et mettent à rude épreuve notre opiniâtreté. Selon le caractère du photographe, ils seront source d’irritation ou de fascination à force de se dérober continuellement à lui. Ce qui est déroutant, c’est que, pour d’autres photographes, les mêmes sujets seront perçus comme faciles et banaux…

Pour mon top 3 que je vous livre ici, dieu sait que la préparation des séances de prises de vue qui leur ont été consacrées aura été rigoureuse. Jusqu’à ce jour, rien n’y a fait et ma photothèque doit se contenter de clichés souvent « documentaires » ou, au mieux, relevant du paysage animalier !

Au troisième rang, j’ai nommé notre ami l’écureuil. Pas de chance pour moi, j’habite la province du Hainaut. Celle-ci est particulièrement morcelée en ce qui concerne sa surface boisée. Faire un affût à l’écureuil devient alors un chemin de croix tant les rencontres avec l’animal nécessitent un déplacement important (dans le Hainaut occidental notamment) ou le risque de se faire embarquer par la police ! ( se camoufler dans le parc du Waux-Hall à Mons est très mal vu). N’étant pas un spécialiste de la photo de mammifères, je me suis résigné à me contenter des quelques rencontres spontanées qui m’ont valu le cliché suivant.

Mammifères_Sciurus vulgaris_0001

A la deuxième place, pour changer de registre, la buse variable. Combien de champs traversés en voiture pour revenir bredouille. Combien de spécimens aperçus par hasard à un endroit (sans matériel photo approprié, évidemment) où je ne les ai plus revus par la suite (cette fois équipé comme un pro). Dans le Hainaut, cet oiseau semble insaisissable et continue de me narguer au loin comme l’atteste mon « meilleur » cliché suivant. En comparaison, le nombre de portraits de cette espèce réalisés par Alain Balthazar sont presque insolents !

Buteo buteo fevr3_2013_6

A la première place, un autre volatile, tout simple et très commun : le troglodyte mignon. Et il chante celui-là près de chez moi ! On ne peut donc pas prétexter qu’il faille aller loin pour le photographier ! Malgré la préparation minutieuse des mangeoires l’hiver, l’oiseau continue à m’échapper en gros plan. Pour ce sujet, j’en viens à croire à une certaine maladresse de ma part. Je vais donc suivre le précieux conseil fourni par mon ami Dominique Duyck la saison prochaine : placer des verres à farine dans la mangeoire. Qui sait, reviendrai-je ainsi, tout fier, pour vous présenter un autre cliché que celui-ci.

Troglodytes troglodytes janv2_2013_4

Ces quelques exemples anecdotiques ne font qu’illustrer que rien n’est acquis en photographie animalière. L’expérience et la connaissance des espèces sont des atouts mais ne remplaceront jamais la volonté de la nature de vous livrer ou non une partie de ses trésors. Et c’est très bien ainsi…

Le transphotomeur

Dans son dernier article, Geoffrey évoquait l’utilisation de filtres lors du traitement des photos, avec en filigrane la question pour le photographe du choix entre le respect de la réalité ou son interprétation créative. La photo est à la fois art et témoignage, et c’est plus le passage de l’un à l’autre qui doit être clairement annoncé et non utilisé pour des raisons (par exemple) commerciales, comme c’est le cas dans la mode.

La réalité est la réalité, mais l’être humain dispose d’un pouvoir de création qui en fait un être à part. Notre récente exposition m’a valu quelques questions sur mes photos d’insectes dont certains visiteurs croyaient les couleurs « forcées ». Or, il n’en est rien. La nature est suffisamment belle pour qu’on puisse se contenter de la montrer telle qu’elle est. Ce qui suscite l’étonnement c’est le fait que nous ne savons souvent plus regarder vraiment, et un des rôles du photographe, tel que je le conçois, est de rendre ce regard.

Anémone pulsatile

Anémone pulsatile

Là se trouve la facette « journalistique » du photographe. Mais je ne peux m’empêcher d’explorer et exprimer également sa facette créative lorsque, par exemple, je traite mes photos en noir et blanc. Il fut une époque où le noir et blanc était considéré comme la seule réalité photographique acceptable et l’avènement de la couleur fut, par certains, vécue comme une déformation de cette réalité. Il est vrai que le noir et blanc ramène le regard vers une réalité plus « dure », les traits de la photo n’étant plus adoucis par les nuances colorées, mais l’annonce claire du traitement de la photo que représente cette disparition de la couleur ouvre la porte de la créativité en « annonçant la couleur ».

Le château de Chambord

Le château de Chambord

Aujourd’hui, lorsque je photographie en couleurs, je suis journaliste. Lorsque je traite en noir et blanc, je transforme les choses pour les embellir. Une infrastructure industrielle laissée à l’abandon, c’est une cicatrice laissée par l’activité de l’homme. Une photo en noir et blanc de cette infrastructure me permet de la montrer plus belle qu’elle n’est et d’en faire, dans une certaine mesure (restons modeste) une ébauche d’oeuvre d’art.

Je me sens alors l’âme d’un transformeur par photo interposée, un « transphotomeur », quelqu’un qui montre ce que pourrait être la beauté d’une chose communément considérée comme laide. Transformer le regard est un premier pas, transformer le ressenti en est un deuxième, évoquer l’idée que l’on pourrait en faire autre chose est comme ouvrir une porte qui appelle au coeur créatif de l’être humain.

Le pont

Le pont

Car nous oublions trop souvent, hélas, que nous pouvons être autre chose, faire autre chose, transformer la laideur en beauté. Certains disent que nous portons en nous un aspect oublié de dieu créateur. Je ne suis pas loin de le penser, et même parfois de croire que la photo est une façon de nous le rappeler.

Nous portons tous en nous des filtres qui déforment peu ou prou la réalité. Ce n’est pas grave si nous apprenons à ôter ou remettre ces filtre sen place, à les adapter et à les maîtriser pour en faire des outils de beauté. Car voir les choses autrement, c’est déjà être différent et apprendre à reconnaître notre capacité de changer les choses.

Sologne

Sologne

Nous sommes tous des transformeurs. Et certains d’entre nous commencent par être des transphotomeurs. Appuyons-nous sur le pire pour ouvrir la porte au meilleur.

Filtrer n’est pas tricher !

Matinée printanière maritime avril1_2013_4

Après quelques semaines d’absence littéraire, je me sens d’humeur à effectuer un retour en fanfare.

La liberté d’expression, c’est aussi pouvoir prendre le monde à contre-courant des pensées du moment. Il n’y a rien de répréhensible dans cette démarche tant qu’elle est empreinte d’un indispensable respect de l’avis des autres.

Pourtant, pour le sujet que je m’apprête à défendre ici, j’ai souvent l’impression que la communauté de photographes ne se montre pas très ouverte d’esprit. A telle enseigne que la démarche dont il est question est encore régulièrement bannie dans les règlements des concours.

Je jette donc un pavé dans la mare en vous parlant de l’usage de filtres informatiques au post-traitement !

Haematopus ostralegus avril1_2013_30

Sacrilège, hérésie, sus à l’ordinateur et vive les conditions naturelles, me répondront beaucoup de chasseurs d’images !

Et on ne peut pas leur en vouloir : il y a 15 ans, tout le monde devait se débrouiller en choisissant son film et en réfléchissant aux réglages directement à la prise de vues ! Ceci est resté ancré dans l’esprit de ceux qui ont fait leurs armes en argentique.

Est-ce pour cela qu’il faut absolument bannir ces outils modernes ?

Faut-il abandonner le GPS et revenir aux cartes parce que Mercator n’avait que ce seul moyen pour mettre le monde à plat ?

Bien sûr que non ! Et particulièrement en photographie qui est avant tout un art d’expression !

Anemone nemorosa avril7_2013_9

Ainsi, j’utilise les filtres « clé sur porte » que me propose mon logiciel de post-traitement.

Je pratique les effets de vignetage, les virages partiels et autres filtres « passe-haut » sans pour autant que cela ne devienne une fin en soi.

Ce faisant, je prolonge parfois le saisissement éprouvé à la prise de vue derrière l’écran de mon PC.

En effet, je découvre la nature sous un angle inaccessible par le seul œil humain . Jouant sur les contrastes, les dominantes de couleurs et le jeu de lumière, nous éliminons les détails encombrants et nous composons avec l’essentiel pour ouvrir la porte d’un univers nouveau dont la clé nous est offerte par l’informatique.

Ardea cinerea avril3_2013_10

Nous transformons une image terne d’un jour nuageux en une scène où les formes et les couleurs créent un sentiment dramatique qui nous heurte de plein fouet et nous rend sensible le temps d’un instant…

Qui sait, peut-être ainsi découvrons-nous le monde comme le voient les insectes, les serpents ou les chats !

De la sorte, je me surprends à le trouver encore plus beau et à envier les êtres qui le verraient comme cela à chaque instant.

Mercurialis perennis mars4_2013_7

Est-ce tricher que d’explorer de nouvelles voies ?

Je ne le pense pas.

On n’est pas moins doué en utilisant son ordinateur mais créatif d’une manière différente et curieux de profiter des nouvelles technologies comme moyen d’expression.

Ne faisons pas preuve de sectarisme ni dans un sens ni dans l’autre et nous réinventerons mille fois la pratique de notre passion avec pour seule contrainte d’avoir l’honnêteté d’avouer recourir à ces techniques !

A vos claviers et poursuivez chez vous la création pour le plaisir de nos yeux à tous.

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Limosa lapponica avril1_2013_2

Ma toute première fois

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D’emblée que les esprits mal tournés cessent de fantasmer.

Je n’ai pas l’intention, dans les lignes qui suivent, de dévoiler tous les secrets de ma vie intime.

Toutefois, le récit que je m’apprête à vous narrer n’est pas pauvre en émotions, loin s’en faut…

Tous les ornithologues, amateurs ou professionnels, chérissent un oiseau plus particulièrement. Ils rêvent alors de pouvoir, ne fut-ce qu’un bref instant, être les témoins d’une scène de vie de cette espèce. Pour eux, le défi est parfois lié à la relative rareté ou au caractère exotique de l’oiseau qu’ils affectionnent. Ainsi, certains prendront l’avion pour se rendre en Ecosse à la rencontre du macareux moine. D’autres iront à la rencontre des cimes en espérant y observer le tichodrome échelette. Certains loueront même un affût aménagé pour admirer la pêche du balbuzard.

Ce serait faire preuve d’hypocrisie d’affirmer ici que de telles observations m’indiffèrent !

Néanmoins, en modeste Hennuyer, j’ambitionnais depuis des années de pouvoir contempler de près… un faucon crécerelle.

Quoi de plus facile me rétorqueront certains photographes aguerris qui ont croisé des dizaines de fois ce rapace de la taille d’un pigeon. Eh bien, dans la région montoise, il ne s’agit pourtant pas d’une vraie sinécure. Les développements urbanistiques ont contribué à fortement morceler le territoire où se chevauchent désormais zones d’habitat, zonings, zones agricoles et résidus de forêts primaires.

Une telle situation n’est pas de nature à faciliter les observations de notre volatile. Repérer Falco nécessite souvent de quadriller la région en voiture et au petit bonheur la chance pour un modeste amateur qui a aussi une vie en dehors de son art. Plus on se déplace au nord ou au sud de Mons et plus les observations redeviennent fréquentes. Dès lors, vous comprendrez mieux pourquoi un gros plan de crécerelle a longtemps fait office d’Eldorado pour le photographe que je suis !

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L’année 2013 aura très bien commencé ! Elle m’a offert mes premiers rapports de proximité avec l’oiseau tant recherché. C’est la mort dans l’âme que je dois avouer que cette rencontre a eu lieu à Uitkerke, en Flandre occidentale et non dans mon Hainaut natal.

A l’occasion d’un séjour en janvier à la côte belge, je me suis rendu dans les polders à la rencontre des oies venues hiverner chez nous. Parcourant en voiture le site, j’ai pu y observer le faucon crécerelle avec une fréquence inouïe. Mâles et femelles étaient bien visibles, peu farouches et accessibles sans dérangement grâce à la configuration des lieux. Dans ce contexte, alterner plans d’ambiance et gros plans paraissait presque facile.

Bien sûr, à la vue des clichés, d’aucuns ne manqueront pas de critiquer la lumière assez faible de cette journée hivernale pluvieuse. Qu’importe pour l’auteur de la photographie ! Pour lui, ce qui compte, c’est la chaleur de l’émotion ressentie au moment de la rencontre tant souhaitée. Celle-ci refait surface instantanément lorsqu’il visionne les clichés qu’il a réalisés.

Car la photographie, avant d’être source de chefs d’œuvre, a d’abord cette faculté précieuse : celle d’immortaliser les êtres chers, les moments privilégiés et les beautés éphémères qui, à l’échelle du temps qui passe, laissent trop peu de traces…

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